mardi 4 juin 2013

En complément au texte précédent


Vous avez été, comme d’habitude, nombreux à me lire — je parle de mon dernier texte — mais peu nombreux à me dire que vous aimiez mes propos... Rassurez-vous, je ne vous en tiens nullement rigueur. Car même s’ils gravitent constamment autour de la vie au sud, les sujets que j’aborde varient, cela va sans dire, et l’intérêt qu’ils présentent varie aussi. Or, mon dernier sujet était, disons… un peu cru, je le reconnais. Était-il choquant? Peut-être pour certaines âmes sensibles, mais je précise que je n’ai jamais eu l’intention de choquer, mais plutôt de vous relater une anecdote un peu croustillante de notre vie quotidienne sous ces latitudes. («Croustillante» ne se rapporte pas à la bête, bien entendu...) En fait et pour tout vous dire, ma compagne, dont la sagesse n’est plus à démontrer, m’a fortement conseillé de délaisser ce sujet qu’elle trouvait un tantinet beurk! et susceptible de susciter quelques frissons pas vraiment agréables. Surtout qu’elle en était la victime — ou l’héroïne, c’est selon — et qu’elle tenait donc un rôle majeur dans l’histoire. Mais je me suis dit que vous n’étiez pas nés de la dernière pluie, que vous connaissiez ces insectes que l’on juge souvent répugnants et que notre aventure vous ferait sourire et vous montrerait, s’il faut encore le montrer, que notre vie tropicale, toute luxuriante qu'elle soit, n’est pas pour autant paradisiaque. Et je continue de le penser. Si bien que ce rectificatif n’en est pas vraiment un, puisque je n’ai nulle intention de faire amende honorable et de retirer ce texte, au reste léger et amusant, en tout cas certainement pour nous qui en avons vécu les titillations.

Ceci m’amène une fois de plus à préciser un fait que plusieurs — nous-mêmes parfois — oublient : nous vivons sous les tropiques et les petits détails qui composent ici la vie quotidienne ne sont pas tout à fait les mêmes que ceux que l’on retrouve sous un climat plus nordique. Je me souviens de cette chanson de Pierre Calvé où il disait, parlant du Québec «Vivre en ce pays, c’est comme vivre aux États-Unis» et je trouvais sa réflexion fort juste. Mais vivre en Haïti n’a vraiment pas grand-chose à voir avec la vie aux États-Unis, fût-elle en Floride, l’état le plus tropical de l’Amérique du Nord. Or, ces petits détails ne sont pas toujours des détails plaisants. Bien sûr, quand on pense tropiques, on pense à la chaleur constante, au soleil omniprésent, aux palmiers qui ondulent paresseusement sous la brise, bref l’image idyllique typique des gens en mal de vacances. Et j’avoue que les tropiques, pour les vacances, c’est dur à battre. Mais voilà : nous n’y sommes pas en vacances! Nous y vivons au jour le jour et bon, ce n’est pas tous les jours dimanche! C’est d’ailleurs une bonne chose parce que si c’était toujours pareil, on y mourrait d’ennui!

Alors oui, nous avons des insectes peu ragoûtants, des moustiques à longueur d’année et même parfois une mygale égarée; nous avons des oiseaux dont la cacophonie nous rend dingues; nous avons des voisins qui chantent faux à n’en plus pouvoir à un niveau sonore qui atteint le seuil de la douleur; nous subissons des pluies parfois si fortes qu’on n’y voit plus, comme si c’était une tempête de neige; nous avons des inondations régulièrement; nous sommes exposés aux ouragans; nous affrontons le choléra, les fièvres typhoïdes, la malaria, pour ne nommer que celles-là; nous souffrons de la chaleur ou de l’humidité excessives; bref, ce n’est pas le paradis. Mais c’est un beau milieu, foisonnant de vie et d’énergie et c’est comme ça qu’on aime ça.

Cela dit, je promets tout de même de faire un effort pour ne plus vous choquer...

1 commentaire:

  1. J'ai résister à l'envie de commenter ton texte précédent Mais là, honnêtement, je n'en peux plus. Mo, j'ai bien aimé le sujet et, surtout, le passage où tu exprimes ta répugnance envers l'insecte. Te connaissant bien, je sais que peu des petites créatures du Créateur te répugnent, un point sur lequel j'ai toujours divergé d'opinion avec toi. Quand ça me répugne, que c'est sur mon territoire et que je peux supprimer, ben je le fais! Je suis pas mal certain qu'un lion ferait pareil avec moi, affamé ou pas! Dans le même ordre d'idée j'ai bien aimé, quand nous sommes allés te visiter, l'énergie que tu as déployée pour tuer l'une de ces blattes qui s'était invité chez vous!

    Voilà, ce commentaire est surtout pour vous, nulle nécessité de publier... 😀

    Frérot!

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