mardi 21 décembre 2010

Solstice d'hiver


L'événement est astronomique. Dans le vrai sens du terme. J'aime. Ça nous change des petits problèmes à saveur de soupe populaire. Savoir que nous avons atteint, dans le parcours sidéral qui caractérise le mouvement de notre petite planète autour de son étoile, le jour où le soleil à son zénith est à son plus bas (46,56° contre 93,44° au solstice d'été, sous notre latitude haïtienne), eh bien ça me rassure sur la pérennité des choses. Le jour le plus court de l'année, donc, mais comme je vous l'ai dit le 21 juin dernier, ce n'est pas sous cette latitude qu'on peut en apprécier vraiment la différence. Tout de même, le solstice a donné naissance à des célébrations ancestrales, dont la religion s'est vite emparée pour les travestir et les faire siennes. Dire que Jésus est né un 25 décembre m'apparaît aussi fantaisiste que dire que le Père Noël entre dans les maisons par la cheminée... Mais bon. Je passe. Ça permet de justifier une fête, alors pourquoi pas... Incidemment, si vous regardez ce que Wiki en dit (anglais), vous verrez que le solstice d'hiver est occasion de fête présente et passée pas mal répandue sur la planète. Et presque toutes associées aux jours qui recommencent à rallonger. C'est donc une fête de la lumière, du renouveau, de la résurrection et de la force positive sur celle négative que représente la nuit.

Mais ici, tout ça s'estompe dans l'indifférence. Comme je l'ai mentionné en juin dernier sur le même sujet, difficile d'avoir conscience de la pérennité astronomique quand le passage d'une journée à l'autre s'effectue à peu près toujours au même rythme, selon une balance à peu près équilibrée entre la durée du jour et celle de la nuit. Ici, assez curieusement, c'est souvent l'heure qui régit les activités. Ainsi, un déplacement vers la capitale mérite qu'on quitte dès potron minet, soit vers les 4h, et peu importe s'il fait encore nuit, car c'est tout de même le matin. C'est sans doute aussi pour cette raison que, dès midi, on se salue à coups de «bonsoirs», car le soir approche. Autres mœurs.

Tout ça pour vous dire que c'est aujourd'hui que nous atteignons ce point précis de notre cycle astronomique, et je pensais qu'il valait la peine que je vous le souligne.

Et Noël dans tout ça? Eh bien, c'est plutôt le calme plat ici : pas de lumières, pas de sapins décorés, pas même de musak de circonstance. On trouve bien quelques décorations ici et là, mais rien qui approche l'orgie de lumières du temps des Fêtes au nord. Et franchement, c'est bien comme ça. La tradition, c'est bien joli, mais quand je vois encore combien les gens des pays industrialisés dépensent pendant cette période, la plupart du temps pour des choses inutiles, eh bien je me dis que ce n'est peut-être pas tout à fait correct. Bien sûr, vous allez me dire que c'est l'activité économique qui fait marcher un pays et je serai d'accord. Mais tout de même et sans vouloir faire mon petit marxiste, avouons que l'argent prend quelquefois un peu trop de place dans nos vies modernes, surtout quand il sert à se payer des tas de trucs dont on pourrait aisément se passer. D'où sans doute ce mouvement de «simplicité volontaire» qui, s'il reste discret, ne disparaît pas pour autant, et pour cause : dépenser n'est pas vivre et ne rend pas nécessairement heureux. Et si vous n'êtes pas d'accord, eh bien tant pis pour vous.

Alors voilà. Ma pause se termine ici. Je voulais vous donner un petit quelque chose qui ne soit pas teinté de noir, sans goût de cendres ou d'odeur de pneu brûlé. Je voulais vous dire qu'à compter de demain, les jours recommencent à s'allonger et qu'en bout de ligne et quoi qu'on en pense quelquefois, la lumière revient triompher de la grande noirceur. Vous croyez que je m'accroche à un espoir vain? Un espoir noir, comme je l'ai déjà mentionné? Non. Je reste réaliste. Nous ne sommes pas au bout de nos peines et ce qui nous attend est plutôt sombre. Mais n'oubliez pas : après la pluie le beau temps. Après la noirceur, la lumière. Et l'astronomie nous le prouve bien.

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