mercredi 26 septembre 2012

Problèmes de la rentrée


Certains ont vu dans mon dernier texte une pointe d’amertume qui n’est pas coutumière en ces lieux d’écriture. Je ne le nie pas. Le retour, cette fois, n’a pas été facile, pour des tas de raisons dont celles que j’ai mentionnées à cette occasion (les plus importantes). Depuis, le travail quotidien a repris toute la place qu’il occupe naturellement et on ne s’en plaint nullement. Sauf que…

Sauf qu’il faut maintenant préparer la Fête. Notez bien la majuscule, car il ne s’agit pas de n’importe quelle fête, mais bien celle de notre vénérable institution qui, cette année, souffle ses 30 bougies. Ce qui n’est quand même pas rien, nous serons d'accord. Alors on fera une petite célébration pour souligner la chose et c’est précisément la préparation de cette célébration qui demande une tête bien rangée… Or, vous connaissez la mienne ou, à tout le moins, vous en subodorez les méandres labyrinthiques. En termes clairs, ça me stresse! Mais comme on dit par ici, n’ap degaje… Et ne vous en faites pas, je vous reviendrai là-dessus lorsque les temps en seront mûrs, ce qui ne saurait tarder…

Pour l’instant, nous nous activons à régler les petits problèmes qui, comme vous le savez maintenant depuis un bon moment, surgissent et se multiplient ici comme tout ce qui pousse sous les tropiques : vite. Et comme si ce n’était pas assez, il faut encore composer avec le drame de l’augmentation du coût de la vie, lequel a connu une réelle explosion vers le haut depuis notre absence. La nourriture, les denrées de première importance, le carburant, l'électricité, les matériaux, tout a monté, au point que plusieurs de nos employés qui arrivaient tant bien que mal à boucler le mois n’y arrivent plus. Surtout qu’en cette fin de mois, il faut maintenant payer l’école (qui débute ce prochain lundi), ce qui, pour plusieurs, représente une dépense simplement insurmontable. Hier encore, l’une de nos auxiliaires me disait que les frais d’écolage pour sa plus grande fille se montent à près de $500 US et cette somme n’inclut ni les livres, ni les fournitures scolaires, ni l’uniforme et les chaussures réglementaires. Or, nos auxiliaires touchent $250 le mois… Je vous laisse faire le calcul… et n’oubliez pas qu’il ne s’agit pas que d’un seul enfant, mais souvent trois ou quatre — dans le cas de la dame citée ici, on parle de cinq enfants d’âge scolaire! Quand je pose la question : «Mais comment allez-vous faire?» Certains me répondent, le plus sérieusement du monde, qu’ils vont se priver de manger pendant quelques jours et puis voilà… Et le pire les amis, le pire, c’est que c’est sans doute vrai.

Dès lors, on ne se surprendra pas d’apprendre que le peuple jette le blâme de cette flambée des prix sur le gouvernement, le président en tête… La lune de miel de Martelly est clairement terminée et les mêmes qui ne juraient que par lui sont maintenant prêts à tirer sur lui à boulets rouges. Car à quoi sert un gouvernement sinon à jouer les boucs émissaires? Alors un peu partout au pays, des manifestations éclatent pour protester contre la cherté de la vie, comme si le gouvernement pouvait, d’un coup de baguette magique, retirer du pied populaire la douloureuse épine qui le fait claudiquer et rendre ainsi tout le monde content. Ce serait trop beau, n’est-ce pas… Eh bien certains y croient toujours, à ce miracle…

Mais tout cela fait partie de ce quotidien haïtien où rien n’est jamais facile, rien n’est jamais acquis d’avance, mais un quotidien où l’on continue tout de même de sourire et de vivre dans une bonne humeur incompréhensible, en tout cas pour moi.

1 commentaire:

  1. En tout cas, Richard, je trouve que nous sommes choyés, encore, ici au Québec! Et peut-être qu'on devrait en profiter pour sourire davantage... ;)
    Bon succès pour la Fête!

    Gaétane

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