vendredi 21 mai 2010

Nos pénates haïtiens


Ceux et celles qui me suivent assidûment auront compris qu'une si longue absence en ces lieux d'écriture publique ne peut qu'être due à des causes exceptionnelles. Et ils auront raison. Car les vacances, puisqu'il faut bien les appeler par leur nom, ne font certainement pas partie de la règle qui consiste à travailler, travailler et travailler. Donc vacances, oui, mais courtes au point où on se demande si ça vaut la peine d'en parler... En outre, il ne se passe rien en vacances! On ne fait que manger, boire, parler et écouter la télé, sans oublier l'incontournable magasinage de tous les côtés... Bref, des vacances sans histoire (fait rare : pas même une contravention!...)

Donc, nous avons momentanément fui la chaleur haïtienne humide dont je vous ai entretenus précédemment et avons laissé en veilleuse les projets et les activités courantes de notre petit hôpital. Qui n'a pas chômé pour autant! Les patients sont venus, comme d'habitude en grand nombre et comme d'habitude, ont reçu les soins appropriés. Même les Brésiliens sont venus et comme d'habitude (puisque c'en est maintenant une) ont fait un travail remarqué et apprécié. Et pour couronner le tout, visite des gros chefs! Même si nous étions absents, ils ont musé à droite et à gauche et tenté de comprendre ce qui se passe dans ce merveilleux pays joyeusement bordélique. Bref, tout le monde s'est affairé, tout le monde s'est tenu occupé, tout le monde a continué de vivre même si nous étions ailleurs et la terre, cette bonne vieille planète, a continué à tourner comme si de rien n'était. C'est-y pas beau, ça?

Mais les vacances sont maintenant chose du passé (et du futur pas trop loin, je le précise) et il faut reprendre le fil de nos idées et de nos problèmes là où nous l'avions laissé. Rien de très stressant, excepté que bien des petites choses vont de travers et qu'il faut vraiment se retrousser les manches (façon de parler, bien sûr, puisqu'elles sont toujours courtes!) pour leur trouver une solution--quand il y en a une, vous l'avez compris! Mais un jour à la fois, on poursuit notre labeur. Et petit à petit, les choses s'améliorent, même si ces améliorations nous paraissent parfois bien dérisoires en rapport avec l'immensité de la tâche de reconstruction du pays. La reconstruction, parlons-en : rien n'est fait encore, on parle de 1,7 millions de gens sous les tentes (et, ce que l'histoire ne dit pas, dans la boue), les décombres encombrent les routes et la grogne monte. Qu'en sortira-t-il? Je vous laisse imaginer.

Mais pour l'instant, grogne pas grogne, la vie continue, au rythme de la chaleur qui augmente. Car oui, il fait chaud. Plus encore qu'avant, ce nous semble, mais ce doit être juste une impression. En tout cas, il fait chaud, je le redis, au cas où vous n'auriez pas compris la première fois. Mais bon. C'est Haïti, n'est-ce pas?

Et puis, ce que je ne vous ai pas dit et qui fait la beauté du retour, c'est qu'on retrouve cet inaltérable sourire haïtien qui nous accueille chaleureusement. Comme quoi la chaleur n'est pas que climatique...

Un jour à la fois, donc et pour le reste on avisera en temps et lieu. Non mais avouez: quelle profondeur dans le propos! Quelle luminosité dans l'idée directrice! Mais que voulez-vous, les vacances, ça me donne un surplus de jarnigoine...!

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